Reportage

Ski

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Raid de printemps en Suisse avril 2025

Programme de la sortie :
La fiche événement:  Lien  sur la page

Le séjour en images :
Notre sélection complète de photos :   Lien diaporama

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Ultime incursion dans l’univers de la haute montagne ...

 

 

En avançant en âge, mon rapport au temps évolue et tend à me surprendre. L’épisode qui nous concerne clôt un programme d’hiver qu’il me semble pourtant avoir à peine engagé. Souvenez-vous, notre sortie 1ère Neige de décembre. Comme si c’était hier, j’en ressens (presque) encore les courbatures de remise en jambe de début de saison !... Mêlé à la fois de satisfaction et de frustration, c’est donc un sentiment mitigé qui m’assaille à l’issue de la saison. A peine entrés dans le rythme, qu’il nous faut déjà rendre les armes et se projeter dans les activités estivales. Cycle éternel étourdissant mais ô combien efficace dès qu’il s’agit de s’éloigner de ses tourments de mortel fraichement retraité !...
Annulé l’année passée par la faute d’une météo capricieuse, notre raid de printemps s’annonce cette fois sous de meilleurs auspices. Au programme, quatre jours d’itinérance en Suisse du 11 au 14 avril dans le canton du Valais. Plus précisément, notre itinéraire cheminera au nord des Alpes valaisannes, au-dessus de Cran Montana, empiétant sur le sud des Alpes bernoises.

Cette fois sans risque pour la tenue de notre sortie, la météo annoncée apparait cependant mitigée. Les deux premiers jours nous sont promis magnifiques, affabilité de façade masquant une dégradation notoire pour les deux étapes suivantes. Sur la durée du séjour, l’isotherme 0 se positionnera à une altitude particulièrement élevée promettant des conditions de neige difficiles. Il faudra faire avec !

Présentation synthétique du programme prévu. Mercredi départ en voiture de région parisienne. Nuitée prévue .sur Chamonix au gîte La Montagne. Jeudi, départ de Chamonix aux aurores pour Sion en vallée du Rhône (Suisse). Accès au départ du télésiège des Rousses en taxi, point de départ de notre itinéraire. Cheminement à ski jusqu’à la Cabane des Audannes, refuge J1. Vendredi, sommet du Wildhorn et traversée sur la cabane Wildhornhütte notre refuge J2. Samedi, sommet du Schnidehore et traversée sur cabane Wildstrubelhütte notre refuge J3 par le Plan des Roses. Dimanche, traversée du Glacier de la Plaine Morte, ascension du Wildstrubel et descente sur le col de la Gemmi par le glacier du Wildstrubel. Descente à Leukerbad par le téléphérique de la Gemmi, retour en train à Sion puis en voiture en région parisienne.

Déroulé du séjour.
Jeudi. Ciel azur. Aucune trace de nébuleuse si infime soit-elle, ambiance on ne peut plus printanière. Le soleil qui resplendit fait transpirer le macadam sur lequel le taxi vient de nous déposer. Question enneigement, pour ce que l’on peut en distinguer, c’est la misère. Il nous faudra commencer l’ascension skis sur le sac avant de trouver un terrain propice à les chausser. Très peu de temps au final. Notre cheminement en mode traine-savates s’amorce alors rapidement sous une chaleur qui n’annonce rien de bon concernant la qualité de la neige. Il ne faut pas trainer. Les coulées de fonte trépignent et attendent en embuscade… Relativement peu de dénivelé prévu sur cette étape. Elle apparait pourtant rapidement éreintante tant la chaleur se fait sentir, rendant interminable l’ascension de la combe que nous venons d’amorcer. Après environ 800 m de D+ en contexte on ne peut plus monotone, miracle. Nous arrivons enfin sur la partie culminante. La zone apparait suffisamment accueillante pour y improviser un pique-nique de fortune. Une fois repus et reposés, le reste du périple se présente en simple formalité pour rejoindre notre premier espace d’accueil, le refuge Cabane des Audannes (2506m). Contrairement à mes préjugés, les refuges Suisses que nous avons pu découvrir, ne se distinguent pas particulièrement de leurs homologues Français. En l’occurrence, pas d’eau courante, donc pas de douche en perspective, et des toilettes au nombre sous dimensionné disposés à l’écart du refuge nécessitant ainsi une véritable excursion hivernale dès lors qu’un petit pipi nocturne doit être satisfait (dans les règles) ... Bref, cette configuration, préservant l’ambiance particulière de l’itinérance hivernale en montagne, aura au moins pour avantage de ménager nos repères et de faire mentir les rumeurs d’hygiène douteuse qui serait l’apanage de la population Française...
Nous garderons le souvenir d’un magnifique couché de soleil sur le massif agrémenté d’une pleine lune du plus bel effet…

Trace du parcours : ICI

Vendredi. Ciel bleu laissant apparaitre quelques nébulosités présageant une dégradation prochaine. Pour autant, le temps clair se maintiendra la moitié de la journée. La couverture nuageuse prédominera en seconde partie du périple. Premier objectif, l’ascension du Wildehorn (3250m) qui se fera sans histoire. Encore préservé par un soleil dominant, le point sommital dévoile un magnifique panorama sur 360°. Le temps d’immortaliser le moment via quelques clichés, de reconfigurer en mode descente le matériel et les bonhommes qui vont avec, et nous voici repartis pour la descente. Gâchée par des conditions de neige pour le moins difficiles, nous ne garderons pas de cette phase un souvenir impérissable. Le deuxième objectif de la journée sera l’ascension du Schnidehorn (2937m), initialement prévue pour le lendemain mais anticipée en perspective de conditions météorologiques annoncées difficiles. La première partie de l’ascension s’opère sans difficulté particulière. Puis la pente se redresse significativement imposant la poursuite de la progression en crampons. Une fois au sommet, le ciel apparait intégralement couvert. Le vent s’est levé. On ne traine pas pour redescendre et rejoindre rapidement via une neige de printemps « pas si pire » notre deuxième refuge d’étape, le Wildehornhütte. Au total, 1020m de D+ sur cette deuxième étape.

Trace du parcours : ICI

Samedi. En dépit de puissants espoirs et moulte rituels de croisements de doigts, la « météo » ne s’est pas trompée. Le ciel apparait couvert. Les conditions annoncées ne sont pas folichonnes. Nous subirons une succession de phases venteuses, neigeuses et d’éclaircies furtives. Jour blanc dominant. Départ plus matinal qu’à l’habitude. Objectif du jour, atteindre le refuge Wildstrubelhütte via le Plan des Roses pour y déjeuner. Cette étape se singularisera par une longue traversée suivie d’une montée en ambiance hivernale à visibilité réduite jusqu’au refuge. Nous pouvons affirmer sans nous tromper avoir connu des conditions plus glamours. Au final D+ 1070m. Le refuge est agréable, probablement le plus apprécié du séjour avec ses dortoirs aux capacités raisonnables, sa salle de vie joliment décorée et la qualité des repas servis. Le meilleur souvenir de l’étape restera sans conteste le déjeuner et son Rösti, plat traditionnel local à base de pomme de terre, de fromage, œufs et lard, aux vertus comme il est facile de l’imaginer, fortement reconstitutives autant pour le physique que pour le moral !...

Trace du parcours : ICI

Dimanche. Une longue journée nous attend. Bien plus que nous l’imaginions. Elle débute par une ascension aboutissant au glacier de la Plaine Morte que nous traverserons encordés (risque de chute en crevasse). Longue traversée en chapelet préalable à l’ascension du Wildstrubel. Au cours de la montée, nous avons pu bénéficier de conditions de visibilité satisfaisantes dévoilant un paysage grandiose sur le massif et son glacier via un subtil jeu de lumière. Juste le temps d’apprécier le panorama avant que le ciel se bâche et que la visibilité soit réduite à néant peu de temps avant notre arrivée sur le point sommital. Une fois au sommet, la visibilité était si basse que nous arrivions à peine à distinguer cet artifice traditionnel symbolisant l’accomplissement de notre objectif, invitant à un moment de paix et de réflexion, la croix marquant le point culminant. Ces croix sont réputées situées sur des lieux offrant une vue unique !!! Et comment ! Unique, est en l’occurrence, le terme approprié. Question vue unique, nous n’avons vu que du blanc… uniquement du blanc ! … Compte-tenu des conditions dantesques, le visage fouetté par le vent et la neige soulevée, bâclant l’invitation au moment de paix et de réflexion suscité par la croix, le temps d’une rapide photo de groupe aux sourires crispés, nous nous sommes empressés de nous reconfigurer en mode descente et de quitter les lieux non sans avoir au préalable apprécié le panorama tel qu’il nous aura fallu l’imaginer… Nous ne nous étendrons pas sur le ressenti de la phase de descente épouvantablement massacrée par des conditions de neige inqualifiables. Une neige terriblement piégeuse qui nous aura au moins permis de profiter de spectaculaires chorégraphies autant improvisées qu’incontrôlées, commises par de malheureux skieurs en proie à quelques maladresses inopportunes. Ma grande honnêteté intellectuelle m’oblige à avouer que je fais bien malgré moi partie de ces quelques malheureux cascadeurs chorégraphes. Au terme de la descente, une interminable alternance de plats et faux-plats sera négociée en mode ski de fond alternatif sans les peaux. Puis c’est une remontée à pied skis sur le sac qui achèvera notre progression jusqu’à la gare du téléphérique qui nous redescendra à Leukerbad, charmante bourgade dominée par d'impressionantes falaises. Bilan de la journée : un modeste 840m de D+ mais une copieuse distance parcourue. De Leukerbad, un bus nous acheminera jusqu’à la gare où nous prendrons un train pour Sion. Nous y retrouverons enfin notre véhicule frais et disposé à nous acheminer sans histoire en région parisienne au prix de sept heures de route … Quand on vous disait qu’une longue journée nous attendait !... Heureusement que nous sommes jeunes et résistants !

Trace du parcours : ICI

Parmi les nombreuses solutions possibles, l’itinérance à ski apparait être une parenthèse idéale pour qui souhaite prendre du recul sur sa charge quotidienne et échapper un moment à l’agitation du monde moderne. Pour les amateurs de loisirs sportifs en environnement naturel, elle peut être plus simplement l’occasion de profiter de la montagne dans un cadre authentique et sauvage. Quelle que soit votre motivation, quatre jours en altitude dans un milieu exceptionnel suffisent à vous ressourcer efficacement. Notre séjour ne fait pas exception. Les conditions de neige et météo ne furent-elles pas idéales, nous garderons de cette sortie le souvenir de quatre jours toniques et vivifiants qui se sont déroulés dans une belle ambiance sportive et conviviale et où l’échange, la passion et le partage d’émotions en ont constitué le point distinctif.
Un grand merci à Elodie notre guide, l’inventeuse de l’itinéraire, qui a su garder calme, sérénité et sourire face à l’inertie du groupe notamment lors des départs matinaux et des régulières opérations de mise en place ou retrait des peaux. Nous sommes en effet nombreux à présenter encore un bon potentiel de progression dans les manipulations techniques. En vue du prochain épisode nous allons travailler à nous améliorer sur le sujet, c’est promis ! Pour leur enthousiasme et leur bonne humeur en toutes circonstances,  un merci particulier à l’ensemble des participants qui ont répondu présents pour cette ultime sortie de la saison …

 

A très vite.
Chonch'

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Le séjour en images :
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Prochain événement Ski Tonic : rendez-vous début décembre pour une remise en jambe à Tignes pour le 1ère Neige ...
 

 

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