Reportage
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Après notre brève incursion rupestre au Saussois au cours de laquelle, météo estivale et chaleur étouffante aidant, la part belle avait été faite à la farniente et à la baignade dans l’Yonne, il était temps, enfin, de reprendre ses esprits et de se jeter dans le grand bain. Par
cette métaphore aquatique, entendez passage de la pratique de la grimpe sur petites « couennes » aseptisées, à l’évolution ascendante sur de grandes, magnifiques et sauvages envolées Alpines. Au hasard, un séjour d’une semaine en Oisans nous aurait fait le plus grand bien. Et ça tombait à pic, car il s’agit justement de la destination dont fait l’objet mon récit aujourd’hui . Le massifs de l’Oisans, de quoi se dérouiller significativement les chaussons, les doigts et commencer à retrouver les sensations perdues après une toujours trop longue trêve hivernale. Interminable cette interlude. D’autant que nous sommes pour la plupart peu enclin à l’entrainement d’inter saison compte-tenu de l’engouement modéré que nous vouons à la pratique de l’escalade sur plastique. A notre goût, n’en déplaise à Elmer Food Beat, pas toujours si fantastique, le plastique!...
C’est à quatre guerriers fripés, hirsutes, auréolés sous les bras, néanmoins déterminés, armés de nos ridicules chaussons chamarrés à semelles lisses, que nous partîmes à l’assaut de la gravité sur les massifs environnant une des nombreuses villes de France se disputant l’exclusivité du plus fort ensoleillement annuel. Notons au passage que la bourgade dont il est question tire son origine étymologique de « Fils de Brian », « Brian ’son » en Anglais, devenu Briançon… L’Histoire malheureusement n’aura su retenir qui était Brian, quelle avait été sa vie et son rôle dans l’attribution du nom de la ville. Peu importe, car nous sommes nombreux à n’y porter finalement qu’un modeste intérêt. Nous retiendrons simplement de Briançon, qu’il s’agit d’une des nombreuses villes qui se revendique la plus ensoleillée de France, mais qui présente une singularité de taille. Celle de voir les précipitations opérer exclusivement lorsque nous sommes présents dans la région…
Car en effet, c’est de nouveau une météo particulièrement instable qui aura caractérisé notre séjour dans les Hautes Alpes. En outre, les exceptionnelles précipitations hivernales, toujours nocturnes, il va de soi (ensoleillement garanti qu’ils disent!), on laissé un enneigement résiduel inhabituel. Tout cela aura réduit significativement notre périmètre d’action. Pas question d’aller trainer dans les Cerces où les skis restent encore l’équipement le plus adapté. Pas question non plus d’évoluer dans les grands itinéraires au risque de se faire surprendre par l’orage et d’y improviser un bivouac plus ou moins bien accompagné… D’ailleurs, Alain, désormais reconnu comme coutumier du fait, n’y tenait pas particulièrement!... Alors, grand bain certes, mais à profondeur relative!...
Compte-tenu du contexte, notre terrain de jeu aura été: Couennes sur Casse de Presle, Rocher Baron, Fressinière, pour les trois
premiers jours. Une pose en milieu de semaine aura été unanimement appréciée avec, au programme, VTTae. Magique! Pour ceux qui ne connaissent pas, le concept est à découvrir absolument. L’assistance électrique vous affranchit des efforts de la montée laissant ainsi une large place au plaisir et à la contemplation. Puis, re-plouf jeudi, journée identifiée comme étant la plus sûre météorologiquement parlant, avec grandes voies au Ponteil. Enfin, couennes de nouveaux aux Traverses, puis aux Vignettes pour les deux derniers jours … Voyez, qu’en dépit d’un périmètre relativement contraint, il y a de quoi faire dans la région. Et pour tout le monde!…
Pour conclure, les annonces météo de mauvaise augure n’auront eu raison de notre détermination à grimper. Il faut dire que les conditions dont nous avons pu profiter sont apparues bien moins rudes que ce que les informations glanées sur les différents services météo laissaient entendre. Certes, le soleil n’était présent que par intermittence, mais au final le temps s’est avéré globalement stable les premières parties de journées, pour se dégrader ensuite au plus tôt vers 14h. Ce contexte plutôt prédictif a laissé le champ libre à un programme d’escalade probablement pas aussi ambitieux que nous l’avions imaginé, néanmoins agréable et très satisfaisant. Cela combiné à un cadre remarquable, une formule d’hébergement pratique, confortable et économique, comment n’aurions nous pu garder un excellent souvenir de ces quatre jours de loisir sportif? Dommage que nous n’ayons été que si peu à en profiter…
A bientôt.
Chonch’
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